Il était plus de minuit et Vanessa marchait, les bras croisés, dans la rue déserte. Les murs gris renvoyaient le son produit par les talons des bottes de cuir rouges sur le trottoir.
La jeune femme, à l’opulente chevelure rousse, portait une longue robe grenat fermée sur le devant par neuf boutons vermeil.
Depuis quelques minutes, Vanessa avait perçu un autre bruit de pas, derrière elle. En jetant un bref regard par dessus son épaule, elle avait vue une haute et large silhouette, celle d’un homme.
Elle obliqua dans une rue, à sa gauche, et pressa l’allure. L’homme fit la même chose. Elle changea de trottoir, traversant rapidement, et l’individu l’imita. Il n’y avait aucun doute, un inconnu la suivait.
Le cœur de Vanessa battait à tout rompre. Elle accéléra encore le pas, courant presque. Elle bifurqua à droite et entra dans un jardin public, parfaitement désert et mal éclairé. La belle rousse, essoufflée, s’arrêta et s ‘adossa à un marronnier.
L’homme ne tarda pas à pénétrer dans le jardin. Le regard brillant, il se dirigea tranquillement vers Vanessa qui ne bougeait pas et stoppa à un mètre d’elle.
La jeune femme défit alors un à un les boutons de sa robe, puis elle l’ouvrit, sans l’enlever. Dessous, elle était entièrement nue. Un petit anneau brillait dans la chair du nombril, juste au dessus d’un tatouage représentant un papillon aux ailes carmin.
L’homme, comme sous l’emprise d’un charme, ne pouvait détourner les yeux de ce tatouage. Il lui était impossible d’esquisser un seul geste, avait du mal à avaler sa salive et éprouvait quelques difficultés à respirer.
Le papillon tatoué sur le ventre de Vanessa s’anima. Ses ailes se mirent à bouger et leur couleur changea sensiblement, passant par toutes les nuances de rouge. Une lueur pourpre s’alluma dans les yeux de la jeune femme.
L’homme fut soudainement délivré de son étrange paralysie. Il se débarrassa frénétiquement de ses vêtements avant de se ruer sur Vanessa. La jeune femme noua ses jambes bottées autour des reins de l’assaillant quand celui-ci la plaqua contre le tronc d’un marronnier .
Ainsi bloquée contre l’arbre, avec sa robe ouverte qui pendait dans sons dos comme des ailes inutiles, elle s’imagina un instant comme un papillon épinglé sur un morceau de bois.
Elle sourit à cette pensée, et approcha sa bouche du cou de celui qui était en train de la mener à l’extase, puis elle planta deux canines singulièrement longues dans la carotide de l’homme. Et le goût cuivré du sang envahit la bouche de la jeune femme.
Elle n’avait pas bu tout le sang, d’une part pour éviter l’ivresse, d’autre part pour ne pas tuer sa victime.
A présent, l’homme était un vampire à son tour, et esclave de son initiatrice. Celle-ci remarqua que son nouveau serviteur portait une alliance. Elle rougit de plaisir en pensant à sa prochaine victime.
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